Les mines de Potosi et repos à Sucre

Ahh la Bolivie, ses routes incroyables de l’Altiplano, ses paysages désertiques, sa musique folkorique grésillant dans les hauts-parleurs des bus lancés à toute vitesse dans les virages…

Eh oui, nous avons quitté Nino ! Nos chemins se sont séparés à Oruro où nous avons pris le bus pour Potosi. Lui partait faire un tour dans le Salar d’Uyuni, puis filait direction le Brésil pour passer Noël avec sa maman…

Donc nous voilà à la recherche d’un petit hôtel dans cette ville surprenante de Potosi. Son nom vient du Quechua « tonnerre ». Elle doit son développement de style colonial, par la richesse en mine d’argent du Cerro Rico, montagne qui domine la ville à plus de 4 800 mètres.

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Les Espagnols se sont enrichis dès 1540 grâce à l’exploitation de ces mines. Aujourd’hui, il ne reste plus beaucoup d’argent, mais le cuivre et le zinc y sont encore beaucoup exploités. Cela fait donc pratiquement 500 ans que des hommes creusent à l’intérieur de cette montagne. Certaines mines descendent à plus de 400 mètres en-dessous de leur point d’entrée !

Les conditions de travail de ces mineurs, on peut l’imaginer, ne sont pas des plus faciles ! A l’intérieur des galeries, la température varie continuellement. La chaleur peut être étouffante et, quelques virages plus loin, le froid vous donne la chair de poule… Et puis bien entendu, il y a une poussière permanente, venant du travail de forage par explosion des filons. Les hommes portent des tissus sur leur visage ou au mieux des masques de peintre. Les accidents sont fréquents car les milliers de galeries creusées dans cette montagne finissent par s’écrouler…

Bref, c’est donc avec beaucoup d’allégresse que nous avons décidé d’aller voir « en vrai » comment travaillent ces hommes… Quelques anciens mineurs qui ont la chance de parler anglais ou d’être un peu plus débrouillards, ont créé des agences qui permettent de montrer, à une poignée de touristes non claustrophobes, la réalité des mines de Potosi.

Avant de nous engager dans ces boyaux humides et sombres, nous revêtons casque, lampe et salopette. Nous passons également au marché, pour acheter des feuilles de coca, de l’alcool et des batons de dynamite… Les mineurs reçoivent une mini commission de la part des agences, donc il est de coutume que les touristes offrent ces objets aux travailleurs lorsque ils les croisent dans les mines.

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Nous nous enfilons donc dans une de ces centaines d’entrées, devancées par notre guide. Les premiers mètres sont dificiles pour Claire, car un peu angoissée de se retrouver si profond sous terre ! Même pour moi qui ne souffre pas de ce genre de stress, le fait de devoir se plier en deux continuellement et d’avoir de la peine à respirer à cause de toutes ces particules de poussière, n’était pas des plus rassurant !

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Claire se donne du courage en mastiquant des feuilles de coca…

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Notre guide : remarquez sa joue gauche dilatée par les feuilles de coca qu’il mastique à longeur de journée… mais dans ces conditions de travail, on comprend largement qu’un petit stimulant ne peut qu’être salvateur. Il leur arrive de rester plus de 20 heures dans la mine sans sortir !

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Nous descendons inlassablement par des conduits de souris. Rien n’est aménagé, il faut glisser, ramper et s’accrocher !!! Nous arrivons dans d’autres galeries plus bas ou circulent de petits wagons d’acier poussés à la force humaine. Ils sont remplis de gravas qui seront triés à la sortie de la mine. Chaque wagon pèse en moyenne 2 tonnes !!!

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Puis nous prenons une pause avec d’autres mineurs. Ils s’installent dans une petite cavité ou l’on peut à peine tenir debout. Là, nous partageons avec eux, des cigarettes, de la coca et de l’alcool (mmmhh que c’est sain tout ca…). Pour la petite anecdote, l’alcool partagé avec nous, est de l’alcool ménager à plus 80% !!! Ils en achètent de petites bouteilles qui sont bien moins chères que d’autres alcools forts…

La bouteille d’alcool ménager est dans la main du mineur, il s’apprête à me la donner….

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Après ces « petits stimulants », nous nous dirigeons vers un lieu important pour les mineurs : El Tio.

Dans chacune des mines, a été érigée une statue de taille humaine en forme de diable qui permet de protéger la mine si on lui offre ce qu’elle veut ! Bien entendu, les offrandes des mineurs sont la coca, les cigarettes et l’alcool.

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Lorsque un homme lui offre de l’alcool, il doit également en verser au sol pour la Pacha Mama (la terre-mère) et en boire une grande rasade…

Claire et moi avons voulu donner nos offrandes a El Tio, donc nous n’avons pas eu le choix que de boire une grande gorgée de cet alcool toujours aussi raffiné… Claire est restée très digne lorsque le liquide à 80 degrés est descendu le long de sa gorge ! En ce qui me concerne et tous ceux qui me connaissent le savent, je n’ai pu m’empêcher de retenir une petite toux….

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Pour finir, nous en sommes ressorties indemnes mais très impressionnées d’avoir côtoyé de si près des conditions de travail qui restent, probablement, les plus dures au monde.

Et paradoxalement à toute cette dureté et ces conditions de vie presque intolérables, nous sommes parties nous vautrer dans le luxe d’un très bel hôtel à Sucre ! Nous avons utilisé une partie de l’argent que vous nous avez donné avant notre depart pour nous payer un peu plus de confort que d’habitude ! ENCORE MERCI MILLE FOIS !!!

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PS : la première vidéo dans le précédent article qui ne fonctionnait pas, est maintenant opperationelle

4 commentaires à “Les mines de Potosi et repos à Sucre”


  1. 0 MOUFETTE 17 déc 2009 à 17 h 07 min

    Quelle expérience!
    Celle-ci confirme tout ce que j’avais déjà vu en travaillant à la TSR.
    Une fois de plus le récit est palpitant et les photos extras.
    J’espère que depuis vous avez bien craché toutes les cochonneries avalées
    indubitablement lors de votre descente aux enfers!

  2. 1 SimoneB 20 déc 2009 à 17 h 41 min

    Quelle aventure! Vous m’avez fait peur….n’était-ce pas un peu imprudent?
    Vous avez bien fait de vous rincer le gosier avec de l-alcool, même si ça décape, au moins ça tue les microbes…il suffisait d’y rajouter un peu de citron et ça faisait le limoncello….
    Au fait, nous revenons de Sète et ce doux breuvage est en cours de macération…en février il sera parfait!!!
    Bises du 8

  3. 2 kristine et René 23 déc 2009 à 23 h 59 min

    Quel plaisir de suivre le palpitant feuilleton de votre voyage en brûlant de connaître ce que nous réservent les prochains épisodes !Quant à nous, nous passerons « NOEL ENSEMBLE » à Chamonix en pensant très fort à vous.
    Enormes bisous à vous 2 et JOYEUX NOEL au bout du monde.

  4. 3 manou 5 jan 2010 à 0 h 27 min

    Wow !!! Vous m’impressionnez les filles! Pas sûre que j’aurais pu descendre comme ça dans des mines même si l’expérience doit être vraiment mémorable !!! Et puis, c’est quand même fou toutes les cochonneries qu’on peut ingurgiter en voyage, sans que ça ne nous dérange plus que ça. Alors que dans nos petits conforts du quotidien, on ne s’y risquerait probablement pas :p

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